Cézanne vu par ceux qui l'ont suivi
Jusqu'au 17 janvier 2027, le Grand Palais consacre à Paul Cézanne une exposition qui prend le contre-pied du format habituel. Pas de biographie chronologique ici : Cézanne et nous s'intéresse à ce que les artistes ont fait de son œuvre. Environ 180 pièces sont réunies, dont environ 70 toiles de Cézanne lui-même, face à des œuvres de Gauguin, Matisse, Picasso, Mondrian, Joan Mitchell, Bridget Riley ou Peter Doig.
Un parcours en forme de dialogue
Là où tant de rétrospectives suivent la carrière d'un seul peintre, celle-ci raconte une double histoire. D'un côté, l'ascendant de Cézanne sur les générations du 20ᵉ siècle, de l'autre, la manière dont ces artistes se sont emparés de lui : en le célébrant, en le discutant, parfois en le rejetant. Héritages assumés, emprunts, désaccords esthétiques : le propos ne gomme rien de ces tensions.
Des vitrines du père Tanguy à 1907
L'histoire commence à la fin des années 1880. Cézanne a cessé d'exposer, mais les jeunes peintres et quelques collectionneurs viennent voir ses toiles chez le père Tanguy, marchand de couleurs. Ils y découvrent une audace de forme qui répond à leur quête d'un art dépouillé, déjà proche de l'abstraction.
Sa consécration s'écrit en trois temps :
- les expositions en solo orchestrées par le galeriste Ambroise Vollard ;
- de grandes présentations dans les musées, en France puis à l'étranger ;
- des rétrospectives après sa mort, dont celle du Salon d'automne de 1907.
L'accrochage joue sur deux registres : des reconstitutions d'expositions historiques, et des face-à-face entre œuvres, plus affirmés dans leurs choix.
De Matisse à Peter Doig : une influence qui traverse le siècle
Pour les avant-gardes, Cézanne fait figure de repère. Son idée de l'art comme « harmonie parallèle à la nature » leur offre une manière de penser le lien entre peinture et réel. L'exposition suit cette piste de l'abstraction lyrique à l'abstraction géométrique, jusqu'au « hard edge ». Qu'ils veuillent prolonger sa leçon ou s'en émanciper, tous doivent se situer par rapport à lui.
Avec le post-modernisme, même son titre de « père de l'art moderne » est contesté. Le parcours ne prend pas parti : il propose de regarder Cézanne à travers les yeux de ceux qui l'ont regardé avant nous, puis avec les nôtres.
Infos pratiques
- Jusqu'au 17 janvier 2027
- Où : Grand Palais, avenue du Général Eisenhower, Paris 8ᵉ (galeries 3 et 4)
- Quand : tous les jours de 10 h à 19 h 30, sauf le lundi ; nocturne jusqu'à 22 h le vendredi
Pourquoi y aller ?
Parce qu'on y voit rarement aussi bien comment une œuvre continue de travailler les artistes longtemps après sa création. Que vous soyez passionné de peinture ou simplement curieux, c'est l'occasion de relire un classique à travers ceux qui l'ont prolongé. L'un des grands rendez-vous culturels de cette rentrée parisienne.
Après votre visite, venez nous dire ce que vous en avez pensé : l'équipe de l'hôtel Moderniste reste à votre écoute pour vous conseiller tout au long de votre séjour à Paris.
Photo ©National Gallery Of Art - Unsplash